Une île à part dans les Cyclades
Amorgos est une perle rare. Moins tapageuse que Mykonos, moins touristique que Santorin, elle donne l’impression de rester à l’écart du monde – ce qui n’est pas pour déplaire aux voyageurs en quête d’authenticité. Avec ses montagnes abruptes, ses monastères accrochés à la falaise, ses criques secrètes et son ambiance hors du temps, l’île semble compliquer volontairement son accès pour filtrer les visiteurs. Et pour ceux qui font l’effort d’y poser le pied : quelle récompense !
Mais alors, combien de temps faut-il prévoir pour savourer pleinement le charme d’Amorgos ? Trois jours ? Une semaine ? Deux semaines ? La réponse dépend de ce que vous cherchez… mais si vous me permettez un petit conseil de voyageur : ne soyez pas trop pressé.
Le temps minimum… si vous êtes pressé (mais ce serait dommage)
Si votre voyage dans les Cyclades est serré et que vous ne pouvez pas consacrer plus de quelques jours à Amorgos, alors comptez au minimum trois jours pleins, hors trajets. Cela vous permettra de :
- Visiter Chora, le village principal de l’île, avec ses ruelles blanches enchâssées dans les rochers.
- Découvrir le spectaculaire monastère de Hozoviotissa, littéralement suspendu à flanc de falaise.
- Faire un plongeon à Agia Anna, une plage sauvage aux eaux limpides, rendue célèbre par le film Le Grand Bleu.
- Profiter d’un dîner en terrasse à Katapola ou à Aegiali, les deux ports de l’île.
Mais trois jours, c’est survoler. Et Amorgos n’aime pas qu’on la survole. Elle se révèle dans la lenteur. C’est une île qui se mérite… et qui se savoure doucement.
Une semaine à Amorgos : le rythme idéal
Sept jours sur l’île vous permettront de l’appréhender à un tout autre niveau. Vous aurez du temps pour marcher, vous perdre, revenir, vous baigner, observer, parler avec les habitants. Bref, le luxe moderne : respirer.
Voici ce que vous pourriez intégrer à votre séjour d’une semaine :
- Randonner entre Chora et Aegiali : un chemin ancien, encadré de murets de pierre, serpente entre les collines. Comptez environ 3h de marche, à faire de préférence le matin ou au coucher du soleil.
- Explorer les plages cachées : outre Agia Anna, testez Mouros, Kalotaritissa ou la minuscule plage de Levrossos, accessible à pied depuis Aegiali.
- Déguster la cuisine locale dans les villages de montagne comme Tholaria ou Langada. Ne manquez pas les fava, les patatato (ragoût de chèvre aux pommes de terre) et le rakomelo servi tiède à la nuit tombée.
- Prendre le temps de ne rien faire : Oui, vraiment. Assis à la terrasse d’un café, un verre d’ouzo à la main, face à la mer Égée, à écouter le vent.
Et si vous restiez deux semaines ?
Soyons honnêtes : deux semaines à Amorgos, c’est un cadeau que peu de voyageurs modernes s’accordent. Ceux qui le font reviennent souvent le cœur conquis – certains n’en repartent jamais tout à fait.
Avec deux semaines, vous pouvez :
- Explorer chaque recoin de l’île : du sud aride autour d’Arkessini, aux collines verdoyantes du nord.
- Alterner randonnées et farniente : les sentiers byzantins sont nombreux, balisés et varient en difficulté – parfait pour intercaler avec des journées plage.
- Faire des rencontres : les habitants d’Amorgos prennent le temps de parler. Au bout de quelques jours, vous êtes « reconnu » dans le kafeneio du village. Le serveur vous tutoie. C’est le début d’une autre forme de voyage.
- Suivre le rythme local : à Amorgos, on déjeune tard, on fait la sieste, on vit au ralenti. En deux semaines, cette lenteur devient naturelle… presque nécessaire.
Et puis il y a les imprévus délicieux : une fête de village, un concert impromptu, une virée en bateau vers des grottes ou des plages accessibles uniquement par la mer. Ce sont ces instants qui restent – et pour cela, il faut du temps.
Quand et comment séjourner à Amorgos
Pour bien profiter d’Amorgos, mieux vaut éviter les pics d’affluence touristiques. Les mois de mai, juin, septembre et même octobre sont parfaits : la météo est clémente, les sentiers praticables, les habitants disponibles, et les plages… presque désertes.
Côté hébergement, les options sont variées mais limitées. Mieux vaut réserver à l’avance si vous venez en juillet-août. Les villages de Katapola (plus central) et Aegiali (plus vivant) sont les plus pratiques pour trouver un logement. Ceux qui cherchent la tranquillité préféreront Tholaria ou Potamos, perchés dans la montagne avec vue mer.
Quant aux moyens de transport, prévoyez de louer une voiture ou un scooter pour explorer l’île librement. Les bus sont présents, mais leur fréquence est aléatoire hors saison. Une voiture permet de rejoindre les plages perdues ou les chemins de randonnée moins connus sans contrainte d’horaires.
Un lieu qui transforme votre rapport au voyage
Ce que j’aime à Amorgos, c’est cette capacité qu’a l’île de ramener à l’essentiel. Elle vous oblige à ralentir, vous déconnecte du temps mesuré. En quelques jours, les notifications du téléphone deviennent secondaires. Vous vous souvenez de ce que veut dire flâner. Vous redevenez curieux, sensible, même à une simple pierre chauffée par le soleil.
Certains voyageurs n’ont besoin que de quelques instants pour tomber amoureux d’Amorgos. D’autres mettent plus longtemps – mais une chose est sûre : l’île ne laisse pas indifférent.
Louer un studio avec terrasse pour dix jours, lire un roman face à la mer, partir le matin découvrir un village et rentrer le soir le cœur léger… Ce genre de séjour n’est pas une simple « pause ». Il transforme. Et quand viendra l’heure du ferry, vous n’aurez qu’une envie : revenir. Ou ne jamais partir.
Alors… combien de jours ?
Trois jours pour l’effleurer, sept pour la comprendre, quatorze pour s’y fondre. Amorgos n’a pas besoin du temps qu’on lui consacre. C’est nous qui avons besoin de temps pour l’appréhender.
Si vous avez la possibilité de rester une semaine ou plus, foncez. Chaque jour passé sur l’île ne sera pas une case cochée, mais un souvenir précieux. Et n’oubliez pas votre carnet de voyage – vous risquez bien de le remplir.