Agistri : la perle secrète du golfe Saronique
À seulement une heure de ferry du port du Pirée, Agistri reste pourtant largement méconnue du grand public. Étouffée dans l’ombre de ses grandes sœurs comme Hydra, Poros ou Égine, cette petite île du golfe Saronique a pourtant tout pour séduire les amoureux de nature, de tranquillité et d’authenticité. Une île grecque à taille humaine, où les plages de rêve se succèdent sans hordes de touristes bruyants et où le temps semble s’être arrêté.
Vous cherchez un coin de paradis, loin de la foule, avec des eaux cristallines, une nature généreuse et un accueil chaleureux ? Suivez-moi, je vous emmène à la découverte d’Agistri, un véritable joyau brut encore épargné par le tourisme de masse.
Pourquoi choisir Agistri pour vos prochaines vacances ?
Imaginez une île qui se parcourt à vélo, où les voitures sont rares et les klaxons inexistants. Une île où l’on peut plonger dans des eaux turquoise directement depuis les rochers et savourer un poisson grillé face au coucher de soleil, le tout pour un budget plus que raisonnable. C’est Agistri, une bouffée d’air pur pour le voyageur désireux de sortir des sentiers battus.
- Proximité d’Athènes : À peine plus de 60 minutes de ferry depuis Le Pirée. Idéal pour une escapade de quelques jours.
- Authenticité : Pas d’hôtels bétonnés ni de plages bondées. L’île a su préserver son âme.
- Nature luxuriante : Une des rares îles grecques intégralement boisées. Forêts de pins, sentiers côtiers et criques secrètes à explorer.
- Ambiance détendue : Ici, le rythme est lent. On prend le temps de vivre, à la grecque.
Skala et Megalochori : les deux cœurs d’Agistri
Agistri compte deux villages principaux : Skala, le plus touristique, et Megalochori (aussi appelé Mylos), plus tranquille et pittoresque. Si vous arrivez en ferry, vous débarquerez probablement à Skala. Dès les premiers pas, difficile de ne pas tomber sous le charme : plage de sable, tavernes en bord de mer, petites pensions fleuries… C’est l’endroit idéal pour une première immersion.
Megalochori, quant à lui, est un peu plus en hauteur, un village blanc et bleu accroché à la colline, avec des vues imprenables sur la mer et une atmosphère résolument plus authentique. J’y ai trouvé l’un des meilleurs cafés frappés de mon séjour, dans une petite kafenio que seuls les habitués semblent connaître. Le genre d’adresse que l’on garde pour soi… ou que l’on partage à ses lecteurs préférés.
Plages de rêve et criques secrètes : le paradis pour les amoureux de la mer
Agistri est une véritable invitation à la baignade. L’île regorge de plages, plus belles les unes que les autres, et le meilleur, c’est que vous pourrez souvent les avoir rien que pour vous.
- Chalikiada : Probablement la plus belle de l’île. Accessible uniquement à pied via un petit sentier escarpé, cette crique de galets est bordée de pins et baignée par une eau d’une clarté irréelle. On s’y sent comme naufragé volontaire sur une île déserte.
- Dragonera : Parfaite pour ceux qui aiment les ambiances sauvages. Plage de galets, eau limpide et bar de plage aux airs bohèmes. Mon cocktail préféré ? Le mojito maison, siroté les pieds dans le sable.
- Aponisos : Une minuscule presqu’île reliée à Agistri par un petit pont en bois. C’est l’endroit rêvé pour poser sa serviette sur les rochers et passer la journée à se baigner, lire ou contempler les kayaks glissant dans l’eau.
- Skala : Si vous préférez le sable fin et la baignade facile, c’est la plage familiale par excellence. Agréable et pratique, surtout avec des enfants.
Randonnées et balades au rythme des cigales
Qui dit petite île, dit aussi grande explorabilité. À Agistri, on randonne facilement d’un bout à l’autre. Les forêts de pins couvrent une bonne partie du territoire et autant vous dire que les odeurs de résine sous le soleil de l’été grec font partie intégrante du voyage.
L’un de mes itinéraires favoris ? Départ de Megalochori en direction de Metochi, un adorable hameau entouré d’oliviers, qui semble presque figé dans le temps. En chemin, ne manquez pas la petite église blanche nichée entre les collines : un endroit parfait pour une pause pique-nique avec vue.
Et pour les plus téméraires, il est possible de faire toute la boucle de l’île en une journée, à pied ou à vélo (préparez-vous à quelques bonnes côtes tout de même). L’avantage est évident : vous croiserez à peine une poignée de personnes, mais des dizaines de panoramas à couper le souffle.
Gastronomie locale : entre simplicité et fraîcheur
Manger à Agistri, c’est aussi l’occasion de goûter à une cuisine familiale, comme à la maison. Les produits sont frais, locaux et préparés simplement, mais toujours avec générosité. Quand le poisson du jour est pêché le matin même, inutile de trop en faire, non ?
Quelques tavernes à ne pas manquer :
- Akrogiali (Skala) : Poissons grillés, fava maison, poulpe au vinaigre… On y mange simplement, face à la mer. Réservez pour le coucher de soleil.
- Toxotis (Megalochori) : Une institution. Charcuteries maison, plats de viande mijotés, et une cave bien fournie en vins grecs.
- Aponisos Tavern : Posée sur les rochers, à deux pas de la mer. On y déguste d’excellents mezzés avec un petit ouzo bien frais.
Mon conseil ? Demandez toujours le plat du jour. Ce sont souvent les grands-mères qui cuisinent, et croyez-moi, elles savent y faire.
Quand partir à Agistri ?
Comme beaucoup d’îles grecques, Agistri se savoure hors saison. Mai et juin offrent des températures agréables, des plages presque vides et une végétation à son apogée. Septembre est également une excellente période : l’eau est chaude, les touristes ont déserté et l’île retrouve son calme.
Juillet et août peuvent être plus animés, notamment à Skala, mais sans jamais atteindre la frénésie de Santorin ou Mykonos. Même en plein été, il reste toujours possible de trouver une crique rien que pour soi.
Se rendre à Agistri et s’y déplacer
Agistri est desservie par des ferries réguliers depuis le Pirée. Deux options s’offrent à vous :
- Le ferry classique : Moins cher, il met environ 1h30. Idéal si vous transportez bagages ou vélos.
- L’hydroptère (Flying Dolphin) : Plus rapide (environ 55 minutes), mais moins stable par mer agitée.
Une fois sur place, oubliez la voiture. L’île est parfaitement adaptée aux déplacements à pied ou à vélo. Des scooters sont disponibles à la location si vous souhaitez explorer plus rapidement. Pour les plus romantiques, une balade en calèche peut même être une jolie façon de découvrir les villages.
Un mot sur les habitants
Ce qui frappe à Agistri, au-delà des paysages, c’est l’accueil de ses habitants. Les Agstriotis (oui, c’est comme ça qu’on les appelle) sont parmi les gens les plus chaleureux que j’aie rencontrés en Grèce. Ici, même si vous êtes de passage, on vous appelle par votre prénom au bout de deux jours. On vous invite pour un café, pour un raki. Et bien souvent, on repart avec quelques paires de sandales, une bouteille d’huile d’olive ou une promesse de revenir.
Agistri n’est pas une île qui se visite. C’est une île qui se vit. Et quand on y a goûté, difficile de ne pas vouloir y retourner.
