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Escapade à kea cyclades : trésors cachés et villages paisibles à deux pas d’Athènes

Un coin discret des Cyclades, à deux heures d’Athènes

Lorsqu’on évoque les Cyclades, on pense souvent à Santorin, Mykonos, ou Paros. Pourtant, nichée à seulement deux heures d’Athènes, l’île de Kéa — ou Tzia pour les intimes — mérite qu’on s’y attarde. Moins fréquentée que ses sœurs éclatantes, cette île préservée dévoile un charme authentique, façonné par la nature, le silence et la douceur de vivre.

Laissez-vous porter, le temps d’un week-end ou de quelques jours, par cette escapade hors des sentiers battus. Ici, pas besoin de longues traversées en ferry : on embarque du port de Lavrio, et en une heure, le charme opère.

Une arrivée sous le signe de la lenteur

On accoste à Korissia, le port de Kéa, encore assoupi, même en plein été. Quelques tavernes, un café traditionnel, et ce petit air salin mêlé aux parfums de sauge sauvage. L’atmosphère est posée : vous êtes sur une île grecque, mais pas celle des cartes postales frénétiques. Ici, on prend son temps.

Louer une voiture est recommandé — ou mieux, un scooter pour les plus aventureux — car même si l’île est modeste, ses trésors sont bien éparpillés. Routes sinueuses, vues plongeantes sur les criques turquoise, et surtout, ce silence… presque sacré. Kéa se mérite — et c’est ce qui fait tout son charme.

Ioulida : capitale perchée, âme de l’île

À moins de 15 minutes de Korissia, Ioulida vous accueille. Cette chóra (capitale traditionnelle) construite à flanc de colline offre un panorama splendide sur la mer Égée. Mais encore faut-il la gagner à pied : les ruelles étroites ne laissent pas passer de voitures. Sac à dos, chaussures de marche et appareil photo : Ioulida, c’est avant tout une promenade visuelle.

Ici, les maisons cubiques blanches cèdent parfois la place à des bâtisses en pierre ocre, vestiges néoclassiques ou influences vénitiennes. On y croise des chats somnolents, des enfants jouant au ballon devant les cafés, et quelques papous échangeant les dernières nouvelles du jour.

Ne manquez pas le célèbre Lion de Kéa, mystérieuse sculpture rupestre datée du VIe siècle av. J.-C., souriant à ses visiteurs en silence depuis plus de 2 500 ans.

Les plages secrètes de Kéa

Ceux qui viennent pour lézarder au bord de la mer ne seront pas déçus. Kéa regorge de plages aux eaux translucides, la plupart accessibles après quelques minutes de route (ou de marche, pour les plus isolées). Voici quelques coups de cœur :

Vous l’aurez compris, chaque plage est une récompense, et le trajet fait partie de l’expérience. En bonus, certains spots offrent un snorkeling étonnamment riche — parfois quelques poulpes curieux viennent même vous saluer.

Balades entre antique et nature sauvage

Kéa est aussi une île de randonneurs. Avec plus de 80 km de sentiers balisés, elle est un petit paradis pour les amateurs de marche. L’ancien réseau de chemins pavés relie encore les villages entre eux et traverse oliveraies, ruisseaux cachés et vestiges archéologiques. Parmi les parcours les plus impressionnants :

On croise parfois un âne en liberté, ou des chèvres curieuses postées sur un rocher. La nature, ici, a gardé sa place.

Saveurs locales et tavernes d’initiés

Impossible de parler de Kéa sans évoquer sa gastronomie — mélange subtil entre tradition cycladique et influences continentales. Ici, pas de filets de dorade standardisés ni de moussaka congelée : la cuisine est vivante, sincère, et ancrée dans le terroir.

À Ioulida, installez-vous à la taverne En Levko pour goûter la paspala (porc mijoté à la tomate et aux œufs), ou à To Spiti Sti Chora, qui cuisine un agneau au miel et thym inoubliable.

Sur le port de Vourkari, essayez le Aristos : poissons du jour, oursins, et calamars farcis à la feta. L’ambiance est simple, la vue sur les bateaux au coucher du soleil fait le reste.

Et pour les douceurs… ne passez pas à côté du pasteli (barre de sésame et miel maison) ou du kofto, une sorte de pâte de semoule légèrement sucrée qu’on ne trouve que sur l’île.

Petites adresses pour dormir loin du tumulte

Que vous soyez en quête de simplicité rustique ou d’intimité chic, Kéa a ce qu’il vous faut. Quelques suggestions testées et approuvées :

Quand partir et comment s’y rendre ?

Kéa reste (encore) à l’abri du tourisme de masse. Mais pour profiter pleinement de sa quiétude, mieux vaut éviter le pic estival d’août. Préférez mai-juin ou septembre-octobre : la lumière est douce, les plages presque désertes, et les prix plus doux.

Le départ se fait depuis le port de Lavrio — accessible en voiture (environ 1h d’Athènes), en taxi ou même en bus direct depuis la station Nomismatokopio. La compagnie Goutos Lines assure plusieurs trajets quotidiens (environ 1 heure de traversée).

Kéa : une Grèce qui chuchote

Au fond, Kéa est une île pour ceux qui aiment la Grèce dans ce qu’elle a de plus discret : des villages qui vivent au rythme des cloches, des criques sans transats, des visages familiers qui vous saluent chaque matin.

C’est une île qui ne vous saute pas au visage, mais qui s’insinue doucement, comme une chanson ancienne qu’on redécouvre. Alors, prêt à prendre le ferry pour l’île qui murmure pendant que les autres crient ?

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