Antiparos, l’île confidentielle des Cyclades
À quelques minutes en ferry de la très animée Paros, Antiparos offre un tout autre visage. Ici, pas de clubs branchés ni de plages bondées en juillet-août. Antiparos, c’est l’essence même des Cyclades : lumière dorée, ruelles blanchies à la chaux, criques turquoise — et surtout, cette ambiance bohème qu’on croyait perdue ailleurs en Égée. C’est une destination à taille humaine, idéale pour ceux qui rêvent d’authenticité, de farniente et de découvertes à leur rythme.
Dans ce guide, je vous emmène explorer cette perle discrète. Que vous cherchiez des spots de baignade à l’écart des foules, des tavernes les pieds dans le sable ou des rencontres inoubliables, Antiparos risque bien de faire battre votre cœur plus fort.
Comment se rendre sur Antiparos
Pas d’aéroport sur Antiparos — et c’est tant mieux. Pour rejoindre l’île, il faut d’abord arriver à Paros, desservie depuis Athènes par avion (à peine 45 minutes) ou ferry depuis le Pirée ou Rafina. Une fois à Paros, cap sur le petit port de Pounta, à l’ouest de l’île, d’où part un ferry quasi toutes les 30 minutes en haute saison. La traversée ne dure que 7 minutes, mais avec le vent salé sur le visage, on a déjà l’impression d’avoir changé d’univers. Et dites-vous que ce n’est que le début…
L’ambiance unique du village principal
Dès votre arrivée au port d’Antiparos, vous serez accueilli par le petit Chora, cœur battant de l’île. Impossible de ne pas tomber sous le charme de ses ruelles pavées, ses bougainvilliers exubérants et ses maisons cubiques parfaitement préservées. De jour comme de nuit, l’endroit pulse d’une atmosphère douce et joyeuse. On s’y balade à pied, à vélo, on y croise des chats à chaque coin de rue et des habitants qui prennent le temps de discuter sous les platanes.
Le soir venu, le village s’anime doucement : petites galeries d’art, bars à vin bohèmes, terrasses pleines de rires sous les étoiles… Pas de musique tonitruante ici, mais des playlists jazzy, quelques notes de guitare live et souvent… des couchers de soleil à couper le souffle depuis la terrasse d’un café.
Des criques isolées et plages secrètes
Ce qui distingue vraiment Antiparos, ce sont ses plages. Ici, pas besoin de marcher une heure ou de louer un hors-bord pour accéder à un coin tranquille. Dès qu’on sort du village, les petites criques aux eaux transparentes s’enchaînent. Certaines sont aménagées, d’autres totalement sauvages, toutes ont ce quelque chose de « carte postale qui prend vie ». Parmi nos préférées :
- Soros : une plage aux eaux limpides, bordée de quelques tavernes. Idéale pour une journée détente, avec un mezze de poulpe grillé pour accompagner les vagues.
- Monastiria : accessible en rando ou en bateau-taxi, cette crique est un joyau caché. Peu de monde, des rochers ocres plongeant dans le bleu intense… on se croirait seuls au monde.
- Agios Georgios : située tout au sud, ce village de pêcheurs offre en bonus une vue imprenable sur l’île de Despotiko. C’est aussi un super spot pour plonger ou observer les tortues de mer à la nage.
Petit conseil : louez un vélo ou un scooter si vous restez plusieurs jours. De petites routes relient toutes ces plages, et s’y perdre un peu est souvent le meilleur moyen de tomber sur une crique rien que pour vous.
Une atmosphère bohème, entre hippies et artistes
Antiparos a toujours été une île discrète… mais pas inconnue. Depuis les années 1970, elle attire des voyageurs en quête de spiritualité, de simplicité ou d’inspiration. Certains y sont restés. D’autres reviennent chaque année. Résultat ? Une micro-communauté bohème, cosmopolite, bienveillante.
On trouve ici des ateliers d’artisans à ciel ouvert, des potiers grecs qui enseignent leur art dans leur jardin, des soirées cinéma rétro en plein air. Il n’est pas rare de tomber sur un concert spontané dans une taverne ou une lecture de poésie sous les oliviers. Sans prétention, toujours sincère.
Moi-même, j’ai croisé lors d’un précédent séjour un photographe autrichien installé à Antiparos depuis 15 ans. Il m’a montré ses clichés d’oiseaux migrateurs sur Despotiko, tout en me parlant de la beauté du silence de l’hiver. Ce genre de moments, on ne les trouve pas dans les guides. Mais à Antiparos, ils sont monnaie courante.
Despotiko : un site archéologique préservé
À quelques encablures au sud, l’île de Despotiko mérite largement le détour. Inhabitée aujourd’hui, elle abrite pourtant l’un des sites archéologiques les plus passionnants des Cyclades. Le sanctuaire d’Apollon y est restauré pierre par pierre depuis plusieurs années. Vous pouvez y accéder en bateau depuis Agios Georgios — balade sublime en mer turquoise garantie.
Ce lieu silencieux a quelque chose de mystique. Un temple oublié, seul sous le ciel, avec pour seuls compagnons les chèvres sauvages et les goélands hauts perchés. On ne peut s’empêcher d’imaginer les processions anciennes et les chants païens face à l’immensité du paysage…
Se loger à Antiparos : entre simplicité et charme
Comme souvent dans les Cyclades, l’offre d’hébergements se partage entre petites pensions familiales et villas haut de gamme. Ici, pas de gros complexes hôteliers, et tant mieux. Vous trouverez sûrement votre bonheur dans :
- Les maisons d’hôtes dans le village : confort, authenticité et hôtes aux petits soins. À privilégier si vous aimez sortir le soir sans prendre la voiture.
- Les locations autour d’Agios Georgios : parfaites pour les séjours en couple ou en famille, loin de tout, avec accès privé à la mer.
- Le camping d’Antiparos : il a une petite réputation de « mythique » pour les backpackers. Situé dans une pinède, à dix minutes du centre, il respire les années 70… Toujours plein en août, pensez à réserver.
Où bien manger à Antiparos
Impossible de visiter l’île sans tester ses nombreux trésors culinaires. Les produits locaux y sont à l’honneur, et on sent une vraie fierté dans les assiettes préparées avec cœur. Quelques adresses à ne pas rater :
- Taverna Yorgis : au cœur du village, cuisine familiale et joyeuse. Le meilleur tzatziki que j’aie goûté à ce jour.
- The Rooster : une adresse chic et nature près de Livadia, avec une atmosphère zen et des plats bio raffinés dans un décor de rêve.
- Lollo’s Pizzeria : pour changer du régime méditerranéen, une pizzéria italienne dans une cour blanche recouverte de jasmin. Une ambiance dolce vita… en mer Égée !
Quand partir à Antiparos ?
Comme pour beaucoup d’îles grecques, la haute saison va de fin juin à début septembre. Mais Antiparos se savoure surtout en mai/juin ou en septembre. Moins de monde, températures douces et mer déjà chaude. Et surtout, cette tranquillité qui donne à l’île tout son charme. En octobre, tout devient encore plus calme — parfait pour les amateurs de solitude créative et de longues balades en pleine nature.
Un dernier mot (ou presque)
Antiparos n’est pas une île comme les autres. Elle n’essaie pas de plaire à tout le monde, et c’est sans doute pour ça qu’elle touche ceux qui la découvrent. C’est une île qu’on ne comprend pas en deux jours, une île qui se mérite un peu, mais qui donne tout dès qu’on lui accorde un peu de temps.
Si vous cherchez des expériences brutes, des paysages qui parlent seuls, et un art de vivre que les années n’ont pas défiguré… alors fermez les yeux. Vous voilà déjà à Antiparos.
