Voyager en camping-car à travers la Grèce, c’est s’immerger dans un kaléidoscope de paysages, de traditions et de visages souriants, le tout à son propre rythme. Pour l’avoir testé, je peux vous dire que c’est l’un des meilleurs moyens de découvrir les mille facettes de ce pays passionnant. Que vous soyez amateur de criques isolées ou de villages perchés baignés de soleil, la Grèce en camping-car promet une expérience unique et profondément humaine. Voici un guide complet pour vous accompagner sur la route, du premier virage jusqu’au dernier ouzo partagé avec vos voisins de quai.
Pourquoi choisir la Grèce pour un road trip en camping-car ?
Le camping-car est à la Grèce ce que la feta est à la salade grecque : un choix évident. Pourquoi ? D’abord, parce que le pays se prête merveilleusement bien à la liberté que procure ce mode de voyage. Routes panoramiques, bivouacs en bord de mer, traditions vivaces et habitants chaleureux… la route est ici une invitation permanente à l’aventure.
Pas (encore) saturée par le tourisme nomade, la Grèce offre un équilibre rare : des infrastructures correctes pour les voyageurs motorisés, mais encore assez de spontanéité pour vous sentir hors des sentiers battus. En prime ? Un climat méditerranéen idéal, surtout lors de l’arrière-saison.
Quel itinéraire pour un circuit en camping-car en Grèce ?
Tout dépend du temps dont vous disposez. Voici deux suggestions d’itinéraires, testés et approuvés, à adapter selon vos envies :
La Grèce classique (2 à 3 semaines)
- Thessalonique – Une ville vibrante, parfaite pour la mise en jambes avant de prendre la route vers le sud.
- Météores – Ces monastères perchés sur des pitons rocheux offrent un décor irréel, surtout au lever du soleil.
- Delphes – Ancien centre du monde grec, site archéologique fascinant et une énergie presque mystique.
- Athènes – Impossible de passer à côté. Stationnez en périphérie et rejoignez la ville en transport. L’Acropole n’est qu’un début.
- Peloponnèse – Épidaure, Mycènes, Nauplie et les plages du sud-est (Elafonisos !) : un concentré de beauté et d’histoire.
Grèce du nord et nature sauvage (2 semaines)
- Thessalonique – Encore elle, elle fait un excellent point de départ.
- Halkidiki – Trois péninsules, une mer translucide, des plages propices au bivouac.
- Lac de Prespa – Aux confins nord-ouest du pays, pour une ambiance lacustre et montagnarde.
- Gorges de Vikos – Un paradis pour les amoureux de la randonnée, au cœur du parc national du Pinde.
Envie de pousser jusqu’en Crète ? Ce n’est pas impossible, via un ferry depuis Le Pirée avec votre camping-car à bord. Mais cela demande un peu d’organisation logistique.
Stationner en Grèce : Aires, campings et bivouacs
Les options pour se poser le soir venu sont nombreuses, mais demandent un peu de bon sens et de respect. En Grèce, le bivouac sauvage est toléré, à condition de ne pas s’installer près de sites archéologiques, dans les parcs naturels, ou de laisser des traces de votre passage.
Quelques repères pratiques :
- Park4Night : L’application préférée des vanlifers vous pointera des coins insolites où dormir, stationner ou recharger.
- Camping organisés : Partout dans le pays, surtout en bord de mer. Comptez entre 15 et 30 € selon la saison et les services.
- Aires de services : Encore rares, surtout hors des campings. Préférez faire les services lors de vos passages dans les campings pour être tranquille.
Un conseil ? Évitez de vous garer trop près des villages balnéaires ou touristiques en haute saison : les habitants commencent à s’agacer d’un tourisme qui s’improvise parfois un peu trop. Optez plutôt pour des coins moins fréquentés, respectez l’environnement et vos voisins… et tout se passera à merveille.
Conseils pratiques pour voyager en camping-car en Grèce
Avant de mettre le contact, voici quelques informations utiles qui peuvent faire la différence :
- Conduite : On roule à droite, et le réseau autoroutier est en bon état. Sur les routes secondaires, soyez vigilant : chèvres, virages serrés, revêtement irrégulier.
- Télépéage : Il existe de nombreuses sections payantes, surtout entre les grandes villes. Prévoyez de la monnaie ou une carte si vous n’avez pas de badge.
- Carburant : Facile à trouver, et au prix légèrement inférieur à la moyenne d’Europe de l’Ouest. N’hésitez pas à remplir le réservoir dès que vous voyez une station en montagne.
- Eau & vidange : Emportez toujours une réserve d’eau potable, surtout dans les zones isolées. Les stations-service n’autorisent pas toutes la vidange des eaux grises ou noires.
- Sécurité : Globalement sûre, la Grèce reste un pays accueillant. Mais comme partout, évitez de laisser des objets de valeur à vue.
Meilleures saisons pour visiter la Grèce en camping-car
L’été grec est chaud, très chaud. Rouler en juillet-août peut vite devenir étouffant. À la fois climatiquement et touristiquement.
Pour une expérience plus fluide (et plus fraîche), privilégiez :
- Mai – Juin : La nature est en fleurs, les sites sont calmes et les plages presque désertes.
- Septembre – Octobre : L’eau est encore chaude, les vendanges battent leur plein, et les marchés regorgent de figues mûres.
Même en hiver, certaines régions comme le Péloponnèse ou la Crète restent accessibles, bien que plus humides. Attention toutefois aux routes de montagne, parfois impraticables.
Quelques pépites à ne pas manquer
Voici quelques haltes où je vous conseille de garer votre maison roulante au moins une nuit :
- Elafonisos (Péloponnèse) : Une des plus belles plages d’Europe, accessible en ferry (avec le camping-car !).
- Monemvassia : Petit joyau médiéval suspendu au-dessus de la mer. Mérite son coucher de soleil.
- Parc national du Pinde : Loin des foules, une Grèce montagnarde, minérale et intense.
- Île d’Eubée : Encore méconnue, accessible par route depuis le continent. Parfait pour bivouac en bord de mer.
Vivre à la grecque, même sur la route
Faire la route en Grèce, ce n’est pas seulement changer de décor au quotidien. C’est aussi apprendre à ralentir, siroter un café grec sous un olivier, improviser une salade avec les produits du marché, ou répondre par un sourire à un vieux monsieur qui vous offre des figues de son jardin.
Intégrer quelques gestes simples peut vous faire passer du statut de touriste pressé à celui de voyageur bienvenu :
- Apprenez quelques mots de grec (kaliméra, efcharistó, parakaló…). Cela ouvre des portes.
- Respectez le rythme local : ici, la sieste n’est pas une perte de temps, c’est une philosophie.
- Partagez : un coup de main à un voisin, une bouteille d’ouzo, un sourire… ça circule bien en Grèce.
Et enfin, acceptez que l’imprévu fasse partie du voyage. Une route barrée peut vous faire découvrir une taverne incroyable. Une pluie soudaine peut vous clouer quelque part… où vous finirez par passer l’une de vos plus belles soirées.
Alors, prêt(e) à vivre la Grèce version nomade ? Le camping-car vous donne la clé, à vous d’ouvrir les bonnes portes.
