Andros, la deuxième plus grande île des Cyclades, reste pourtant largement méconnue du grand public. Située à seulement deux heures de ferry de Rafina (port tout proche d’Athènes), elle offre un savoureux mélange entre nature luxuriante, sentiers de randonnée bien balisés, villages perchés et plages sauvages. En bref, un concentré de charme grec… sans la foule de Santorin. Tu cherches une destination authentique, entre mer, montagne et culture ? Andros pourrait bien être ton prochain coup de cœur.
Andros, l’île verte des Cyclades
Contrairement à ses voisines plus sèches, Andros surprend par sa végétation abondante. Des rivières coulent toute l’année, des sources naturelles irriguent les vergers d’agrumes et les vallées sont tapissées de lauriers, cyprès et oliviers. Un écosystème rare sous ces latitudes, qui en fait un terrain de jeu idéal pour les voyageurs amoureux de nature.
Mais Andros, ce n’est pas que la verdure. C’est aussi une architecture préservée, une riche vie culturelle, des habitants bienveillants… et une authenticité qui ne se résume jamais à un simple décor de carte postale.
Randonnées à Andros : un paradis (vraiment) bien balisé
Tu aimes marcher ? Parfait, car Andros est l’une des rares îles grecques à proposer un réseau de sentiers balisés aux normes européennes. Baptisé “Andros Routes”, ce projet a vu naître plus de 170 kilomètres de chemins entretenus, bien indiqués et adaptés à tous les niveaux.
Quelques idées de randonnées pour s’immerger dans les paysages andriotes :
- Le sentier Menites – Chora : Une promenade verdoyante à travers des villages traditionnels, des ponts vénitiens et des fontaines naturelles. Parfait pour apprécier l’eau omniprésente sur l’île.
- De Chora à Apoikia : Cette boucle t’emmène découvrir les sources Sariza, réputées pour la pureté de leur eau… que l’on retrouve d’ailleurs en bouteille dans toute la Grèce.
- Le sentier de Panachrantou : Un itinéraire plus sportif, entre gorges, monastères perchés et vues spectaculaires sur la mer Égée.
Pense à partir tôt, emporte de l’eau et un chapeau : même dans une île verdoyante, le soleil grec reste fidèle à sa réputation !
Les plages d’Andros : entre criques confidentielles et étendues sauvages
Qui dit île grecque, dit forcément plages. Et sur ce point, Andros se défend plutôt bien… sans pour autant céder au tourisme de masse. Certaines sont accessibles après une marche ou par piste non goudronnée : c’est peut-être ce qui explique qu’elles restent aussi tranquilles. Bonus : tu pourras parfois les avoir pour toi seul. Luxe ultime.
Voici quelques joyaux du littoral :
- Achla Beach : Accessible par bateau ou 4×4, cette plage à l’eau turquoise est bordée par un lagon – et même une petite chapelle. Petit coin de paradis, loin de tout.
- Vitali Beach : Entourée de falaises, cette plage de galets et de sable conjugue beauté brute et bains paisibles. On y accède par une piste chaotique, mais le jeu en vaut la chandelle.
- Agios Petros : L’une des plus longues plages de l’île, idéale pour les familles ou ceux qui préfèrent la facilité d’accès.
- Tis Grias to Pidima : Traduction littérale : « le saut de la vieille dame ». Un rocher emblématique émerge de la mer, donnant à cette crique une atmosphère presque mystique. Tu verras, le nom prend tout son sens face au décor !
À noter : certaines plages ne sont pas organisées (pas de transats ni parasols). Un parasol de poche et un pique-nique maison s’imposent donc. Tu feras des envieux.
Chora, capitale élégante et hors du temps
Si tu ne devais visiter qu’un seul village sur Andros, ce serait Chora – aussi appelée Andros Town. Loin des clichés cycladiques aux maisons cubiques totalement blanches, Chora arbore une allure plus néoclassique. Ici, toits de tuiles rouges, balcons en fer forgé, et demeures patriciennes racontent l’histoire prospère de cette île où la navigation et le commerce ont longtemps fait florès.
Que faire à Chora ?
- Flâner sur la rue piétonne principale, bordée de boutiques locales, cafés et pâtisseries (essaie une amygdalota – douceur à base d’amande, spécialité de l’île).
- Visiter le Musée nautique ou le Musée d’art contemporain, souvent doté de belles expositions temporaires pour une si petite ville.
- Aller jusqu’à l’îlot fortifié au bout de Chora, via un vieux pont de pierre menant aux ruines du château vénitien. Vue imprenable garantie.
- Admirer la sculpture de l’ »inconnu marin », tourné vers la mer. Un hommage poétique à tous les marins disparus. Poignant dans sa simplicité.
Et le soir, on se retrouve en terrasse, face à la mer ou au détour d’une ruelle pavée, pour savourer un poisson grillé, accompagné d’un verre d’ouzo ou d’un vin du cru.
Villages typiques et vie rurale : l’autre visage d’Andros
Loin de la capitale, l’île dévoile des visages plus rustiques mais tout aussi charmants. Ici, le temps semble suspendu, le café du coin tourne à base de discussions passionnées (et de parties de tavli, les dames grecques), et les chèvres marchent parfois plus vite que les voitures.
À ne pas rater :
- Menites : Un havre de fraîcheur, avec ses fontaines naturelles dissimulées sous les lauriers. Le contraste avec le soleil sec du port est saisissant.
- Apoikia : Outre sa célèbre source, le village abrite de jolies maisons bourgeoises cachées dans la verdure.
- Stenies : Un ancien hameau de capitaines et d’aristocrates, où demeurent encore de splendides résidences. Une véritable plongée dans l’âge d’or de l’île.
Une excursion dans les terres d’Andros, c’est aussi l’occasion de goûter à la cuisine locale dans des tavernes familiales. Ne passe pas à côté de la froutalia (omelette épaisse avec pommes de terre, saucisse locale et menthe) ou des feuilles de vignes farcies maison.
Conseils pratiques pour ton escapade à Andros
Avant de boucler ton sac (en toile, de préférence), voici quelques infos utiles :
- Comment y aller : Depuis Rafina (à l’est d’Athènes), compte environ 2 heures de ferry jusqu’à Gavrio, le port principal. Tu peux rejoindre Rafina en bus ou taxi depuis l’aéroport international.
- Se déplacer : Une voiture est vivement conseillée pour explorer librement. Les transports en commun existent mais restent limités en fréquence.
- Quand partir : Mai, juin et septembre sont idéaux. Le climat est doux, la nature luxuriante, et l’ambiance détendue. En juillet-août, c’est plus animé, mais jamais saturé.
- Où dormir : Chora propose de jolies pensions traditionnelles, mais Gavrio ou Batsi (plus animé) peuvent être de bons points de chute si tu veux rayonner facilement.
Dernier conseil ? Prends ton temps. Andros ne se visite pas au pas de course, elle se savoure. C’est ce qui fait tout son charme : une Grèce à visage humain, loin des foules, et pourtant riche en découvertes. L’île offre ce petit quelque chose en plus qu’on ne trouve pas sur TripAdvisor. Il faut y être, s’y perdre un peu… et s’y attacher beaucoup.
Alors, tenté par une randonnée entre oliviers, un plongeon dans une crique isolée et un verre de raki partagé avec un habitant en terrasse ? Andros n’attend que toi.